Ce ne sont pas seulement des dialectes. Ce sont des branches vivantes d’un immense arbre linguistique.
Les langues nubiennes siègent tranquillement le long du Nil au Soudan et dans le sud de l’Égypte. Vous les entendez en Nobiin et Kenzi (également orthographié Kenuzi) sur les berges de la rivière. Vous les entendez dans les collines Nuba du sud du Soudan sous le nom de Hill Nubian. On les trouve même dans les enclaves du Darfour, où l’on parle le Birked (Birgid) et le Midob (Midobi).
Les chercheurs placent désormais fermement ce groupe au sein de la famille des langues nilo-sahariennes. C’est une lignée distincte. Pas afro-asiatique. Pas le Niger-Congo. Nilo-Saharien.
Le nom lui-même a des racines profondes. Les textes égyptiens anciens, de l’époque pharaonique, utilisent une racine nb. Au 3ème siècle avant notre ère, le géographe grec Eratosthène de Cyrène écrivait sur Nubaï. Il l’a utilisé pour décrire les habitants de la vallée du Nil, au sud d’Assouan. Cette zone couvre ce qui est aujourd’hui le sud de l’Égypte et le nord du Soudan. Aujourd’hui, les gens parlent encore le nubien du Nil.
Une écriture médiévale et des racines anciennes
Avant les temps modernes, ces langues laissaient une trace écrite.
Les documents anciens nubiens datent de la fin du VIIIe siècle au début du XIVe siècle. Ces textes semblent être les ancêtres du Nubien central moderne. La plupart étaient des traductions d’écrits chrétiens initialement écrits en grec.
Comment les ont-ils écrits ?
Ils ont utilisé une adaptation de l’alphabet copte. C’est une ligne directe de l’église médiévale à l’orateur moderne.
La première liste de mots
L’une des premières listes enregistrées d’une langue africaine provient d’Égypte, vers 1635.
Un moine franciscain italien nommé Arcangelo Carradori l’a récupéré. C’était une liste de mots italo-nubien. Il l’a basé sur les dialectes Kenzi et Nobiin du Nil nubien.
Pourquoi est-ce important ?
Parce que des langues comme Midob et Birked, lorsqu’elles sont associées aux langues nubiennes du Nil, représentent probablement d’anciens exemples de dispersion linguistique. Les intervenants ont bougé. Les langues ont évolué avec eux.
Les collines Nouba : une intrusion récente
L’histoire change quand on regarde les collines Nouba.
Hill Nubian n’a pas commencé là. Il est arrivé plus tard.
Entre le XIIIe et le XVIe siècle, les forces arabes détruisirent les royaumes nubiens. Durant ce chaos, certains groupes nubiens ont fui. Ils se sont dispersés dans la région montagneuse du Kordofan, au centre-sud du Soudan. Ils ont pris leur discours. Ils ont pris leur nom.
Le terme Nubii (et ses variantes) a finalement été appliqué à d’autres peuples de cette région. Ainsi, Nuba est devenu avant tout un label géographique pour les habitants des collines Nouba.
Est-ce exact ?
Historiquement, non. Les habitants de ces collines ne constituent pas un groupe unique. Leurs langues et cultures sont extrêmement diverses. Les appeler « Nouba » implique une homogénéité qui n’existe tout simplement pas.
Le nom Nuba est avant tout un terme géographique et non culturel.
La dispersion était réelle. Mais l’identité est complexe.
Nous parlons de la langue comme d’une carte. Mais parfois, la carte est fausse. Les bordures ne correspondent pas aux mots. Les gens qui parlent le nobiin ne vivent plus tous au bord du fleuve. Les habitants des collines ne partagent pas tous la même langue.
C’est ainsi que la langue survit au déplacement. Ça se fracture. Il s’adapte. Cela reste.
Qu’arrive-t-il à un mot



















