La sémantique est la branche de la linguistique qui étudie le sens des mots et des expressions. Il ne s’agit pas seulement de définitions dans un dictionnaire. Il s’agit de la façon dont nous distinguons les concepts les uns des autres. Nous utilisons le sens pour séparer des objets concrets, comme distinguer un chat d’un chien. Nous l’utilisons également pour naviguer dans des idées abstraites, en distinguant la joie de la tristesse.
Le sens nous permet également d’interpréter les phrases que nous utilisons quotidiennement. Prenez la phrase « Il a fermé la bouche ». Cela a du sens car la définition de la bouche inclut la capacité d’ouvrir et de fermer.
Essayez ça avec une fourchette. “Il a fermé la fourchette” semble faux. Pourquoi? Parce que les caractéristiques sémantiques de fork n’incluent pas la propriété d’ouverture ou de fermeture. Sa signification n’active pas cette possibilité.
Pour comprendre comment fonctionne le sens dans n’importe quelle langue, vous devez examiner les relations sémantiques. Ce sont les liens entre les mots. Ils permettent de regrouper des mots en fonction de caractéristiques communes, de leur appartenance à un champ sémantique ou des liens spécifiques qu’ils entretiennent au niveau du sens.
Nous allons décomposer les fondamentaux de la sémantique. Nous aborderons les caractéristiques sémantiques, les champs sémantiques et les principaux types de relations entre les mots.
Décomposer les mots en caractéristiques sémantiques
Vous pouvez décomposer la signification des mots en unités minimales appelées semas. Les semas sont essentiellement des traits qu’un mot partage ou ne partage pas. Ce sont les points de différence ou de coïncidence.
Quelle est la différence entre un rideau et un drap ? Cela semble simple. L’un bloque la lumière. L’autre est pour dormir. On peut identifier des semas spécifiques, passant du général au spécifique :
- Rideau : en tissu, rectangulaire, utilisé pour bloquer la lumière
- Drap de lit : en tissu, rectangulaire, utilisé pour dormir
Regardez maintenant un tigre, un chat et un lapin. La différence visuelle est claire. Mais regardons les semas qu’ils partagent et ceux qu’ils ne partagent pas.
- Tigre : animal, mammifère, carnivore, félin, de grande taille, sauvage
- Chat : animal, mammifère, carnivore, félin, de petite taille, domestique
- Lapin : animal, mammifère, herbivore, léporidé, de petite taille, sauvage
Vous pouvez ajouter plus de semas ici. Pensez à une fourrure rayée, à de grandes oreilles ou à des griffes rétractables. Ces petits détails donnent une idée complète de la signification d’un mot.
Comprendre les champs sémantiques
Un champ sémantique, ou famille sémantique, est un groupe de mots qui partagent des sémas. Un moustique, une baleine, une pieuvre et un chien partagent tous le sema « animal ». Ils appartiennent donc au champ sémantique des « animaux ».
Vous pouvez créer différents champs en fonction des sémas partagés.
La pieuvre et la baleine appartiennent toutes deux au domaine des « animaux marins » car elles partagent le sema « marin ». La baleine appartient également au domaine des « mammifères » aux côtés du chien, car ils partagent le sema « mammifère ».
Cependant, vous ne pouvez pas créer un champ d'”animaux de compagnie” basé uniquement sur ces trois éléments. Seul le chien correspond à ce sema spécifique. D’autres animaux, comme un chat ou un canari, pourraient rejoindre un champ « animal de compagnie » s’ils partagent ce trait spécifique d’être acquis en tant que compagnon.
Voici quelques exemples concrets de champs sémantiques :
- Maison (partage des semas des « objets » et du « dans la maison ») : chaise, table, lit, canapé, lampe, porte
- Herbivores (partage de semas d’« animaux » et d’« herbivores ») : zèbre, vache, girafe, gnou, cerf
- Salle de classe (partage des semas “objets” et “en classe”) : tableau noir, bureau, chaise, projecteur, cahier
- Nourriture (partager le sema « pour manger ») : steak, légumineuse, œuf, maïs
Voir également Lexique et Champ Sémantique.
La langue n’est pas seulement un ensemble de mots isolés. C’est une toile. Les mots se rapportent les uns aux autres. Certains partagent des significations. D’autres s’affrontent. Certains semblent identiques mais ne signifient rien de pareil. Et certains appartiennent à des catégories plus larges.
Si vous essayez de maîtriser le vocabulaire, d’écrire avec précision ou si vous êtes simplement curieux de savoir comment fonctionne la langue, vous devez comprendre ces relations sémantiques. Ils expliquent pourquoi nous choisissons des mots spécifiques et comment notre cerveau traite le sens.
Voici comment les concepts fondamentaux de la sémantique fonctionnent réellement dans la pratique.
Synonymes et antonymes
La synonymie et l’antonymie sont les liens sémantiques les plus fondamentaux. Ils s’appuient sur la similitude ou l’opposition.
Les synonymes sont des mots qui signifient la même chose. Ou du moins, suffisamment proche pour échanger une phrase sans briser la logique. Prenez excellent, extraordinaire et sublime. Dans la phrase « Son examen d’anglais était ___ », n’importe lequel de ces mots convient. Le sens fondamental reste intact.
D’autres paires courantes incluent :
- Réaliser et élaborer
- Fin et fin
- Commencer et commencer
- Marcher et flâner
Mais voici le piège. Le contexte compte. De nombreux « synonymes » ne fonctionnent que dans des scénarios spécifiques. Acquérir et acheter semblent interchangeables. Vous pouvez acheter un nouveau vélo. Vous pouvez acquérir un nouveau vélo. Mais vous n’achetez pas de connaissances. Vous l’acquérez. Échangez-les et la phrase se brise.
Les antonymes font le contraire. Ils définissent le sens par contraste.
- Heureux et triste
- Haut et bas
- Commencer et terminer
- Allumer et éteindre
- Beau et laid
- Lisse et rugueux
Ces paires nous aident à cartographier les limites du sens. Si vous savez ce que signifie « chaud », vous comprenez « froid » en connaissant son absence.
Polysémie
La polysémie, c’est lorsqu’un mot a plusieurs significations liées.
Regardez le mot souris. C’est un petit rongeur. C’est aussi un appareil informatique. Les significations sont distinctes mais historiquement liées. L’outil informatique imite la forme ou le comportement du rongeur.
Dans un dictionnaire, les mots polysémiques ont des définitions numérotées. Chaque chiffre renvoie à un sens différent.
Prenez cabo (du latin caput, qui signifie tête). Le dictionnaire répertorie :
- La fin d’une chose.
- Un petit reste ou ferraille.
- Une poignée.
- Un fil ou un brin dans certains métiers.
Ce n’est pas aléatoire. Ils se rapportent tous à l’idée d’une « fin » ou d’une « tête » de quelque chose.
Autres mots polysémiques courants :
- Maison (bâtiment, lignée familiale, établissement d’entreprise)
- Panneau (panneau d’affichage, barrière, présage)
- Feu (flamme, feu de camp, coup de feu, poêle)
- Capital (chef de file, ville principale, patrimoine, actifs financiers)
Lorsque vous voyez un mot avec plusieurs définitions, vérifiez s’ils partagent un concept racine. C’est de la polysémie.
Homonymie
L’analyse sémantique nous aide également à distinguer les mots qui semblent identiques mais qui n’ont aucun rapport. C’est l’homonymie.
Les homonymes sont des mots différents qui partagent la même forme. Ils ont des origines (étymologies) et des significations différentes.
Considérez asa. L’un vient du verbe asar (rôtir). C’est la chaleur appliquée à la viande. L’autre asa est le manche d’un pot. Même prononciation. Zéro connexion.
Les dictionnaires les traitent comme des entrées distinctes. Si vous recherchez un mot et voyez plusieurs entrées distinctes pour la même orthographe ou le même son, vous recherchez des homonymes.
Ils se divisent en deux groupes :
Homophones
Ceux-ci se prononcent de la même manière mais sont orthographiés différemment.
- Callado (silencieux, de callar ) contre Cayado (une canne). Dans de nombreux dialectes espagnols, les sons « ll » et « y » se confondent. Donc, ceux-ci semblent identiques.
- Vasto (vaste) contre Basto (grossier/rugueux).
- Tuvo (had, de tener ) contre Tubo (tube).
- Casa (maison) contre Caza (chasse). Dans les régions où « s » et « z » sont impossibles à distinguer, ce sont des homophones.
Homographes
Ceux-ci sonnent et se ressemblent exactement.
- Libro (livre) contre Libro (je libère/déteste, de librar ).
- Cobra (le serpent) contre Cobra (je perçois le paiement de cobrar ).
- Bote (canette/conteneur) contre Bote (bateau).
- Lima (l’agrume) vs. Lima (l’outil utilisé pour le classement).
Le contexte est votre seul guide ici. Vous ne mangez pas un bateau. Vous ne déposez pas un fruit. La phrase vous indique à quel mot vous avez affaire.
Hyponymie et hypernymie
Le sens existe rarement dans le vide. Les mots s’inscrivent dans des hiérarchies.
L’hyponymie est la relation dans laquelle une signification est incluse dans une autre. C’est un « type de » relation.
Prenez chien. Le Berger allemand, le teckel et le Yorkshire Terrier sont tous des types de chiens. Ce sont donc des hyponymes de chien.
Mais chien est plus large. Il couvre toutes les races. Ainsi, chien est l’hypernyme de ces races spécifiques.
Cette logique évolue.
- Chien est un hyponyme de mammifère.
- Mammifère est un hypernyme de chien.
- Champignon est un hypernyme de cèpes, champignon de Paris, truffe noire et cèpes.
Considérez-le comme une boîte imbriquée. L’hyponyme est la petite case à l’intérieur de la plus grande case de l’hyperonyme. Tout ce qui se trouve dans une grande boîte n’est pas une petite boîte. Mais chaque petite boîte fait partie de la grande.
Autres exemples :
| Hypernyme | Hyponymes |
|---|---|
| Mollusque | Escargot, calmar, poulpe, palourde |
| Oiseau | Colibri, huppe, merle, canari |
| Chaussures | Sandales, bottes, mocassins, sabots |
| Araignée | Tarentule, veuve noire, recluse brune |
Comprendre ces couches vous aide à choisir le bon mot. Si vous écrivez sur un canari, utiliser bird est correct mais vague. L’utilisation de canary est précise. Utiliser animal est trop large.
Les relations sémantiques ne sont pas seulement des futilités linguistiques. Ils sont l’échafaudage de la pensée. Ils nous aident à catégoriser le monde. Lorsque vous les comprenez, vous communiquez avec plus de clarté. Vous évitez toute confusion. Vous choisissez le mot exact pour le moment exact.
La prochaine fois que vous hésiterez sur un mot, demandez-vous : est-ce un synonyme ? Un antonyme ? Un homonyme ? Ou fait partie d’une hiérarchie ? La réponse vous guidera vers le bon terme.